• Act


     

    La Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT)  est une forme de thérapie comportementale et cognitive, scientifiquement validée, relativement nouvelle en France et dans le monde francophone.   

     L'ACT est basé sur six processus de bases faisant l'objet d'études scientifiques :

    la pleine conscience, la distanciation d'avec les pensées, le moi profond, l'acceptation, les valeurs, l'action engagée.

     Son but est de promouvoir la flexibilité psychologique en promouvant une manière de vivre avec ses ressentis et pensées difficiles autre que la lutte. Plus de vitalité, et moins de lutte.

    Cela implique :

    Présent : Être présent à l’expérience du moment

    Décroché : Avoir la capacité de se décrocher de ce que les pensées disent quand ce qu’elles disent ne fait pas avancer

    Action vers ses valeurs : Engager les actions qui vont dans les directions importantes

    Elle désamorce l’influence excessive des émotions et du langage sur nos actions en démontrant que nous avons le droit de ne pas croire tout ce que nous pensons.

    Il s’agit ainsi d’apprendre, non pas à éradiquer ou à lutter contre nos pensées, mais à les accueillir pour avancer en direction de ce qui est vraiment important pour nous.

     

     

      


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    L'EMDR est  une nouvelle technique thérapeutique (Eye Movement Desensitization and Retroprocessing) indiquée contre les traumatismes psychiques.

     Tous ces chocs du passé non digérés qui nous habitent au présent et qui «portent un grand “T” - viols, attentats, accidents - ou un petit “t” - disputes, humiliations, etc.», écrit le psychanalyste Jacques Roques ont désormais intérêt à bien se tenir.

    L'arsenal pouvant venir à bout de leurs effets persistants (panique, phobies, images obsédantes…) est enfin arrivé.

    En réalité, cela fait plus de vingt ans que cette thérapie en vogue a été découverte par une psychologue californienne, Francine Shapiro, qui en a pressenti les bénéfices lors d'une expérience personnelle.

    Contrariée et sujette à des pensées négatives alors qu'elle se promenait dans un parc de San Francisco, la jeune femme remarqua que ses sombres ruminations disparaissaient lorsque, de manière tout à fait spontanée, ses yeux faisaient des va-et-vient en diagonale, d'en bas à gauche vers en haut à droite.

    De plus en plus consciente du processus en le répétant sur elle-même, elle se mit à le soumettre à ses proches et à des étudiants: «En travaillant avec les soixante-dix premières personnes, je découvris qu'il me fallait inventer une procédure allant avec les mouvements d'yeux pour dissiper durablement l'anxiété.»

    Peu à peu, cette découverte personnelle tout à fait inattendue se transforma donc en un modèle clinique à élaborer, une aventure que la psychologue a racontée dans un livre passionnant traduit en français en 2005, Des yeux pour guérir (Seuil).

     http://www.lefigaro.fr/sante/2010/04/06/01004-20100406ARTFIG00377-le-pouvoir-des-yeux-contre-les-traumatismes-.php

      

     


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  • Mon Dieu Intérieur parle


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    28 septembre 2010 Revue Nouvelles Clés :

    Votre famille est un arbre à l’intérieur de vous

     
    Rencontre avec Alexandro Jodorowsky, propos recueillis par Patrice van Eersel
    Dans le vaste mouvement de découverte – ou de redécouverte – du transgénéalogique, Alexandro Jodorowsky fait figure d’outsider et de pionnier.

    Qu’est-ce que le “transgénéalogique” ?

    C’est la prise en considération, notamment par les thérapeutes, de tout ce qui nous touche, au corps, à l’âme et à l’esprit, en provenance de notre ascendance, de notre lignée. “ Or, dit Jodorowski, dans chacun de vos ancêtres, il y a un Bouddha qui dort : si vous voulez vous éveiller, travaillez à hisser votre arbre généalogique entier au niveau de sa bouddhéïté. ”
     

    Avec une sorte de retard sur les Orientaux, mais aussi muni d’un outillage d’introspection de plus en plus raffiné, les Occidentaux découvrent qu’il est essentiel d’honorer ses ancêtres – car ils font partie de nous ! Les honorer, cela peut signifier : les connaître, les analyser, les démonter, les accuser, les dissoudre, les remercier, les aimer… pour finalement “voir le Bouddha en chacun d’eux.”

    Celui qui utilise cette belle formule est un outsider. Bien avant que la thérapie transgénéalogique ne devienne à la mode, le dramaturge-metteur en scène Jodorowsky,  avait placé l’arbre généalogique au centre de sa vision du monde.

     Nouvelles Clés : Il serait possible de remplacer des années de thérapie par une séance de “psychomagie” fulgurante ?

    Alexandro Jodorowsky :

    Une fois qu’on a pris conscience que l’on porte son arbre généalogique dans son corps, et que l’on peut expulser les souffrances ainsi occasionnées comme on expulse les démons, tout peut changer d’un seul coup.

    Mais cela ne dispense pas d’un énorme travail sur soi. C’est un travail dans le mental et dans l’esprit, mais aussi dans la chair. À la chair, on peut faire comprendre qu’il faut lâcher prise… à condition de ne pas avoir peur. Il ne faut pas craindre de s’enfoncer profondément en soi, pour traverser toute la part d’être mal constituée, toute l’horreur du non-accomplissement, et pour lever l’obstacle de l’arbre généalogique qu’on porte en travers de soi et qui oppose son barrage au flux de la vie. Dans ce barrage, fait de tas de branches mortes, vous retrouvez les spectres de votre père et de votre mère, de vos grands-parents et de vos arrières grands-parents… Il faut avoir le courage et l’énergie de les empoigner et de leur dire : “Basta ! Je ne mangerai plus dans cette assiette pourrie ! Ça suffit !” C’est dur ? Oh, certes, il serait tellement plus facile de prendre quelques sucreries psychologiques rassurantes, quelques calmants “positifs”, se regarder dans un miroir magique qui nous dirait que nous sommes beau et génial… Mais enfin, la question n’est-elle pas de nous débarrasser de notre merde ? Eh bien, ça demande du travail.

     


    N. C. : Par où commencer ?

     


    A. J. : D’abord savoir se placer soi-même dans son arbre généalogique et comprendre que cet arbre n’est pas du passé : il est tout à fait vivant et présent, à l’intérieur de chacun de nous ! L’arbre vit en moi. Je suis l’arbre. Je suis toute ma famille.

    On me touche la jambe droite et papa se met à parler, l’épaule gauche et voilà grand-mère qui gémit ! Quand je m’enfonce dans mon passé, j’entre aussi dans celui de mes parents et des ancêtres. Nous n’avons pas de problèmes individuels : toute la famille est en jeu. L’inconscient familial, ça existe. Un père décide de commencer une psychanalyse, et d’un seul coup toute sa famille est touchée et se met à évoluer.
    Dès que vous prenez conscience, vous faites prendre conscience à tous les vôtres. Vous êtes la lumière. Quand une pomme apparaît sur l’arbre, tout l’arbre est en joie, comprenez-vous ?
    Si vous faites votre travail, tout votre arbre se purifie.

     


    N. C. : Il pourrait se purifier même à l’insu de certains de ses membres, de façon irréversible ?

     


    A. J. : À l’insu oui, d’une façon irréversible certainement pas. La rechute est toujours possible. Et elle concerne, elle aussi, l’arbre entier. Quand je chute, mon sort entraine celui de toute ma famille, y compris des enfants à venir, sur trois ou quatre générations. Notre responsabilité est immense. Surtout avec les enfants. Ils ne vivent pas dans le même temps.
    Pour nous, une scène peut sembler se dérouler en une heure, pour eux elle aura duré un mois ou un an et les laissera marqués à vie. C’est pourquoi il faut bien savoir à qui vous confiez vos enfants. Si vous laissez votre enfant pendant huit heures à une personne neurasthénique, ou hystérique, ou pleine de problèmes, l’enfant risque de tout absorber. Vous-même, quand vous vous occupez d’un enfant, faites bien attention !

     


    N. C. : Des psychanalystes comme Nicolas Abraham ou Didier Dumas disent que le problème qu’ils rencontrent dans les arbres, ce sont les fantômes. Ils appellent ainsi les non-dits traumatisant, le “non-pensé transgénéalogique” qui se promènerait dans les arborescences familiales et rendrait les humains malades.

     


    A. J. : C’est vrai. Et si le non-dit est si traumatisant, c’est que nous sommes tous des êtres abusés. Abusés de mille manières. Or les abus subis pendant l’enfance, nous avons tendance à les reproduire sur d’autres, une fois devenus adultes.

    Il y a des abus mentaux, des abus de langage, des abus émotionnels, des abus sexuels, des abus matériels, des abus d’être : on ne m’a pas donné la possibilité d’être, on n’a pas vu qui j’étais, on a voulu que je sois quelqu’un d’autre, on m’a donné un plein de vie mais qui n’était pas le mien, on voulait un garçon et je fus une fille… On ne m’a pas laissé voir, laissé écouter, laissé dire et ce qu’on m’a dit ne me correspondait pas. Abus matériels : je n’ai pas eu l’espace, l’apparence, la nourriture qui me correspondaient. Quant à l’abus sexuel, il est toujours plus courant que ce qu’on pense.


    La liste des abus est très longue. Et celle des culpabilisations : c’est par ta faute si on s’est marié, tu as été une charge, j’ai raté ma vie à cause de toi, tu veux partir, tu nous trahis, tu ne penses pas comme nous, et pire, tu veux nous dépasser : alors on va créer un abus qui sera un échec ou une dévaluation. Le “noyau homosexuel” refoulé abonde, et les garçons manqués ! et l’inceste ! Et tout ça se reproduit à l’infini. On n’en a jamais fini, c’est vaste, énorme, incroyable. Comment réagir face à un tel humour ?

     


    N. C. : Humour ???

     


    A. J. : Mais oui, parce qu’à l’évidence l’univers a été créé par un type qui aime les blagues ÉNORMES, mais des blagues souvent très noires ! On subodore cet humour dans les jeux de synchronicité.

    Ce matin, je prends ce téléphone et je fais le zéro, qui est le numéro codé de mon fils Adam.

    Une femme décroche :

    “Allo ? – Bonjour, Adam est là ?

    – Non, c’est sa fille.

    – Sa fille ? Mais mon fils n’a pas de fille !

    – Ah c’est la meilleure ! Parce que mon père ne s’appelle pas Adam peut-être !? ”

    J’étais tombé par erreur sur un autre numéro, avec une fille dont le père s’appelait Adam. Eh bien ça, c’est un jeu de Dieu, qui me fait une toute petite blague. Plus tard, j’ai dit à mon fils : “Adam, j’ai parlé avec ta fille dans le futur.” Il a sursauté : “Ne me dis pas ça, papa ! » Il trouvait que j’abusais…

     


    N. C. : L’abus le plus simple, à notre époque, est souvent décrit par défaut : c’est l’absence du père, l’absence de loi du père…

     


    A. J. : Oui, et quand le père est absent, la mère devient dominante, envahissante, et ce n’est plus une mère. On peut donc parler d’absence totale de père ET de mère.

    Nous sommes dans une civilisation d’enfants. Partout on cherche le père, c’est pourquoi qu’il y a les gourous, qui viennent remplacer les pères manquants – et parfois les mères manquantes… Nous vivons dans une société assoiffée de caresses. Moi, je n’ai pas le souvenir que mon père m’ait pris dans ses bras – les hommes ne se touchaient pas. Quant à ma mère, dès le moment où l’on a rasé de ma tête les blonds cheveux de son propre père mythique, elle m’a éloigné d’elle et je ne me rappelle pas qu’elle m’ait caressé. Nous sommes des enfants abusés par l’absence des caresses dont nous avions tant besoin.

     


    N. C. : Jusqu’où faudrait-il remonter pour nous laver de tous les abus ?

     


    A. J. : Question trop vaste. C’est toute la planète qui est concernée, avec ses tremblements de terre, ses inondations, c’est toute la société, toute l’histoire, avec ses guerres, ses crimes. Actuellement, je vois souvent des personnes qui ont des problèmes datant de la guerre de 14 – un grand-père a été gazé et une maladie pulmonaire, c’est-à-dire un mal émotionnel, un trouble de non-réalisation, surgit maintenant. La guerre de 14, on la paye encore aujourd’hui, par grands-parents ou parents interposés, et aussi, très souvent, par le biais des oncles et des tantes : les relations entre mon père (ou ma mère) et ses frères et soeurs peuvent très facilement m’influencer, même si je ne connais rien des viols, des avortements, des fausses couches, des crimes, des passages à l’acte dans l’inceste, des noyaux homosexuels non résolus, des relations sadomasochistes qui ont pu les concerner…
    Dresser une liste exaustive est impossible. Il suffit parfois d’un ”rien“. Naître après un frère mort et être appelé René, symbole de renaissance, et vous voilà incrusté par un autre être, ce frère mort, pour la vie. On remplace souvent quelqu’un : papa me donne le nom d’une fiancée qu’il a perdue, et toute ma vie je serai la fiancée de mon père ; ou maman me donne le nom de son père, et moi, pour la satisfaire, j’essaierai d’être comme mon grand-père. Ou alors, en toute inconscience, maman fait carrément un enfant avec son père, et là, c’est l’histoire de Marie et de Dieu-le-père que nous allons jouer : elle pourra même, si elle veut, me baptiser Jésus, ou Salvatore, ou Joseph, enfin un nom christique, et je me sentirai obligé d’être un enfant parfait.

     


    N. C. : Plus explicitement, la religion joue-t-elle un rôle dans les résonances transgénéalogiques ?

     


    A. J. : Un rôle considérable ! La plupart des arbres généalogiques, quels qu’ils soient, sont marqués en amont, à un stade ou à un autre, par des livres sacrés mal interprétés, pervertis, déviés de leurs intentions originelles. Selon l’endroit où vous êtes né, les ravages (en particulier les déviations sexuelles) seront passés par le moule de la Torah, ou du Nouveau Testament, ou du Coran, ou des Sutras…

    L’interprétation pervertie des textes sacrés est plus meurtrière que la bombe atomique (j’y inclus les religions matérialistes et marxistes, qui font des dégâts bien aussi graves).
    Face à toutes ces catastrophes, que fait l’arbre généalogique ? Pour ne pas mourir (ce qui arrive quand le secret ne peut définitement plus émerger à la surface), il a tendance à s’équilibrer, dans des acrobaties parfois inouies, pouvant donner un assassin d’un côté et un saint de l’autre.

     


    N. C. : Vous en parlez vraiment comme s’il s’agissait d’un arbre au sens propre !

     


    A. J. : Mais c’est réellement un être vivant !
    Certains psychanalystes qui ont fait des études généalogiques, ont voulu le réduire à des formules mathématiques, ont essayé de le rationaliser. Mais l’arbre n’est pas une chose rationnelle, c’est un être organique, une vraie sorte d’arbre !

    Je m’en suis particulièrement bien rendu compte quand j’ai fait l’expérience de théâtraliser les arbres généalogiques.

    La personne dont on étudiait l’arbre devait choisir dans l’assistance ceux qui allaient représenter ses parents, ses grands-parents, ses frères et sœurs, bref tout le monde, puis elle les plaçait sur des chaises, à des places obéissant à la logique de son arbre. Ensuite chaque “acteur” devait s’exprimer. Où se trouvait-il ? Au centre ? À la périphérie ? Comment se sentait-il, là, planté à cet endroit ? Quelques chaises se retrouvaient très éloignées, d’autres plus près, d’autres collées ensemble… Eh bien, en représentant la famille de cette façon, comme une sculpture vivante, on se rendait compte d’une chose incroyable :

    les personnes choisies “par hasard” et ainsi placées pour interprêter les différents membres de la famille correspondaient pile aux personnages, et chacun se mettait à comprendre son arbre comme jamais…


    L’inconscient n’est pas scientifique, il est artistique. L’étude de l’arbre doit donc se faire d’une autre façon que par la raison pure. Quelle est la différence entre un corps géométrique et un corps organique ? Dans le corps géométrique, on sait parfaitement quelles sont les relations entre les parties. Dans un corps organique, ces relations sont mystérieuses, on peut rajouter ou retirer quelque-chose, l’organisme reste le même. Les relations internes d’un arbre sont mystérieuses. Pour les comprendre, il faut entrer dans l’inconscient. Comme dans un rêve.
    Le rêve de l’arbre généalogique, il ne faut pas l’interpréter, il faut le vivre.

     


    N. C. : Mais ce rêve ressemble surtout à un cauchemar, non ?

     


    A. J. : Plutôt à une invitation au travail, comme dans l’hexagramme 18 du Yi-King, qui s’appelle “Le travail sur ce qui est corrompu”. L’image évoque une assiette dont les aliments sont bourrés de vers et le commentaire dit :

    “Les conditions ont dégénéré en stagnation. Puisqu’on se trouve là devant un état de choses qui laisse à désirer, la situation contient en même temps ce qui est nécessaire pour y mettre fin.”

    C’est merveilleux ! Quand j’ai un problème (ce plat pourri), je sais que j’ai un travail à faire.

    C’est la même chose dans le tarot : chaque fois qu’une personne tire une carte inversée, je lui dis :

    “Ce n’est pas un trait méchant contre toi, c’est un travail à faire.”

    Le problème, c’est que beaucoup de gens tiennent à leurs souffrances.

    Une femme pleure :

    “Mon amant m’a quittée !”

    Moi : “On va analyser pourquoi.”

    Elle s’insurge : “Non, n’analysez pas. Je souffre, mais je sais qu’il doit en être ainsi.”

    Que voulez-vous faire ? Peut-être est-elle comme ça parce qu’elle n’a pas été aimée, enfant, et qu’elle ne peut avoir la sensation d’être elle-même que dans la souffrance.

    Beaucoup de gens – pas vous, bien sûr ! (grand sourire) – détestent souffrir mais ne peuvent se détacher de la souffrance parce que ça leur donne la sensation d’exister.

     


    N. C. : Que conseillerait le Yi King ?

     


    A. J. : De “traverser les grandes eaux”, c’est-à-dire de se traverser soi-même, à commencer par son corps, de traverser la conception que l’on se fait de soi, puis les différentes parties de son être, comme en suivant un axe, jusqu’à parvenir à la divinité….


    Quel est le but ? C’est de faire la paix avec mon inconscient. Pas de devenir autonome de mon inconscient (ça voudrait dire quoi ?), mais d’en faire mon allié. Si mon inconscient est mon allié, parce que j’ai appris son langage, que j’ai la clé de son mystère, il se met à travailler pour moi : il passe à mon service et moi au sien, on va fonctionner ensemble.

    Or, la famille, c’est mon inconscient. Il ne s’agit pas, en réalité, de devenir autonome de ma famille, mais d’être capable de la pénétrer et d’en faire mon alliée, à l’intérieur de moi. Je ne parle pas des personnes physiques, qui sont là ou ailleurs, je parle de la famille qui se trouve au-dedans de moi. Cette famille du dedans, il faut que j’en travaille chaque caractère comme un archétype.
    Il ne faut pas qu’en mon for intérieur, je conserve mon niveau de conscience pour moi seul, il faut que je donne mon niveau de conscience à chacun d’eux, que je les exalte, que je les élève. Tout ce que je leur donne, je me le donne ; ce que je leur enlève, je me l’enlève. Les personnages monstrueux, je vais les transformer. Opérant une transmutation, je vais leur donner à tous mon niveau mental. Il faut qu’au-dedans de moi je fasse de tous mes parents et ancêtres des êtres réalisés. On dit bien : “ Le chien aussi est Bouddha. ” Cela veut dire que mon père et ma mère aussi sont Dieu, que mes oncles et mes tantes aussi sont Bouddha.
    Il faut donc que j’aille chercher la bouddhéïté dans chaque personnage de ma famille. S’agit-il de personnes qui se sont déviées de la bouddhéïté ? Ont-ils le cœur remplit de rancune, le cerveau rempli d’idées folles, le sexe rempli de désirs mal placés ? Eh bien, tel un berger avec ses moutons, je dois les remettre dans le chemin. En moi-même, je dois remettre ma famille dans le chemin, faire un nettoyage des besoins, des désirs, des émotions. Voilà la mission : un travail de guérison de l’arbre, et non pas, comme on pourrait se l’imaginer, une libération de l’arbre. Il ne s’agit pas d’atteindre une supposée autonomie… C’est comme si je voulais être autonome de la société, du monde, du cosmos. Autonome de ma respiration ! ! ! En fait, c’est impossible. Même si je deviens ermite, j’appartiens à la société et à l’univers.

     


    N. C. : Comment vais-je ainsi “travailler” ma famille ?

     


    A. J. : En imagination. Il faut créer ce rêve de perfection à l’intérieur de soi. C’est comme ça qu’on guérit cette énorme blessure. Après, on peut transmettre cette guérison à ses enfants… Ça peut prendre une infinité de formes. Personnellement, j’ai écrit un roman, L’arbre du Dieu pendu. D’autres passent par la peinture. D’autres par le théâtre. Il faut trouver le schéma et enrichir l’image de chacun.

     


    N. C. : À quoi voit-on que l’arbre est guéri, ou en voie de guérison ?

     


    A. J. : L’arbre sera toujours défini par son fruit. Si le fruit est amer, même s’il provient d’un immense arbre majestueux, celui-ci est mauvais. Si le fruit est bon, même s’il provient d’un tout petit arbre tout tordu, celui-ci est merveilleux. L’arbre en nous, c’est toute notre famille, passée et future, et nous, nous sommes les fruits.

     


    N. C. : Certains lamas disent qu’il faut prier pour nos ancêtres, et même pour quelqu’un qui a atteint un niveau bouddhique, parce qu’il en a besoin. Entre nos ancêtres et nous, il y a une sorte d’échange…

     


    A. J. : Un jour, je suis allé aux Saintes Maries de la Mer, où se trouve cette Vierge noire que les gitans promènent dans les vagues. Je suis d’abord entré dans le sanctuaire avec l’idée de demander quelque chose.

    Mais finalement, m’adressant à la Vierge, je lui ai dit :

    “Écoute, tout le monde te demande, à toi, des tas de choses, alors moi je vais te masser !”

    Et j’ai massé la Vierge noire, pour lui enlever la fatigue. Et ça m’a donné une paix incroyable dans l’âme, de masser la Vierge à qui tout le monde demande des choses. Ça m’a ouvert le mental.

    En réalité, quand tu masses un malade, tu masses une imperfection mais tu masses aussi le Bouddha. Le médecin est inférieur au malade, il est dans la position du servant, le médecin est au service du malade. Je ne suis pas le chemin, je suis le paillasson. Je ne suis pas la lumière, je suis l’interrupteur.

    Si je veux bâtir un arbre généalogique, je dois me mettre dans un état de service, pas un état de sommité. Entrer dans le chemin de l’ignorance totale. Et, de là, recevoir l’autre dans mon ignorance, pour l’aider à exister, à aller profondément vers sa propre lumière.
    À ce moment-là, je me rends compte que ma sexualité ne m’appartient pas, qu’elle vient de l’univers entier. Que mon corps ne m’appartient pas. Qu’il vient des étoiles. Que dans mon corps aucun atome ne m’appartient, que le moindre atome d’hydrogène provient de l’explosion originelle. Que rien n’est à moi, pas la moindre parcelle d’émotion. L’amour que je porte ne m’appartient pas. Si l’amour n’appartenait pas à la nature, je ne le sentirais pas. Les émotions ne sont pas à moi, elles sont à tous. Elles viennent de l’univers lui-même.

    L’univers est un champ d’amour, un champ sexuel, un champ matériel. On n’arrête pas de parler de solitude, mais nous ne sommes jamais seuls.

      


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    Je suis ?

     

     

      
    Chaque arbre généalogique a une forme très différente, parce qu'il y a des arbres qui ne se reproduisent pas, des autres qui sont très très fertiles, qui ont un enfant par couple... Ils sont tous différents et ce qui est extraordinaire, quand un couple se fait, les arbres qui se rencontrent parce que jamais ne se rencontrent que deux individus: ils se rencontrent au moins 30 personnes dans un coup de foudre et ils ont des arbres très concordants, ils ont des similitudes.
    Alors si on veut comprendre pourquoi on fait un couple avec quelqu'un, il faut étudier son arbre généalogique et on va se trouver la raison tout à coup.
    Avec similitude des noms, similitude d'expériences, similitudes de catastrophe, quelque chose se passe, on dirait que ce qui nous attire dans un coup de foudre c'est l'arbre généalogique de l'autre.

     
     Parfois les arbres ont des boucs émissaires : vous savez quand il y a une maladie générale dans la famille, la maladie éclate dans un personnage, personnage qui est accusé, expulsé et banni, mais ce personnage c'est le bouc émissaire qui assume la maladie de la famille.

    Parfois les arbres font des compensations : par exemple s'il y a un criminel dans l'arbre, il y aura un saint, s'il y a un épileptique, après il peut y avoir un sage ou un grand artiste, un génie. L'arbre va avoir tendance à s'équilibrer. Il a des jeux de mots: M. Mousse s'est marié avec Mlle Vert, ou M. Brun avec Mme Blanc, l'arbre il fait des jeux de mots, des calembours, il fait tout l'arbre...

     

    "Les souffrances familiales, comme les anneaux d'une chaîne,
    se répètent de génération en génération jusqu'à ce qu'un descendant
    -dans ce cas, peut-être toi- en prenne conscience et transforme sa malédiction en bénédiction"

      

    Alejandro Jodorowsky

      

     

     

    "Nos parents sont les enfants de leurs parents - qui sont eux-mêmes enfants de leurs parents, etc. et, de génération en génération, leurs cellules respectives ont chargé des programmes issus de différents conflits non résolus.
    Or, ces conflits non résolus de la lignée familiale continuent de s'incarner dans la biologie en se gravant sur notre Empreinte au moment de la conception, et ce, tant qu'ils ne seront pas libérés, c'est-à-dire mis à conscience.

      Porteurs de toute une histoire généalogique, nous en sommes l'aboutissement ou plus précisément la résultante: chacun de nous est le «creuset» de la totalité de ces mémoires. Nous restituons la mémoire de notre généalogie.

       À partir de l'analyse de la structure de notre Empreinte, nous pouvons libérer ces conflits ancestraux par une mise à conscience de ces mémoires enfouies qui permet la transmutation de leurs énergies.

       Nous comprendrons alors qu'en faisant un travail sur soi, nous le faisons non seulement pour nous-même, en tant qu'individu, mais pour toute notre lignée familiale puisque, plus nous prenons conscience, plus nous exprimons ce qui est inscrit en nous, et plus nous allégeons le poids de ce que nous transmettons aux générations qui suivent

      Cette libération de conflits concerne aussi bien notre ascendance que notre descendance. En effet, lorsque nous prenons conscience d'un conflit personnel, nous le déprogrammons pour nos enfants, mais également pour nos parents, nos grands-parents, etc.. et par extension, bien au-delà de notre seule lignée familiale. 

     
      Chacune de nos actions individuelles agit sur toute notre généalogie, que nos ascendants soient encore de ce monde ou non, car encore une fois tout ceci est à lire hors du temps."

      

     Jean-Philippe Brébion

     

      


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  • psychomagie

     

    Le but de l’acte psychomagique est de nous sortir de la cage psychique dans laquelle notre famille, notre société et notre culture nous ont laissé. Il prétend éviter la répétition des problèmes dont ont souffert nos ancêtres, par conséquent il tente de casser les cercles vicieux dans lesquels nous sommes pris au niveau intellectuel, émotionnel, créatif-sexuel ou matériel.

    Alejandro Jodorowsky, créateur de la psychomagie : 

    "La psychomagie est une forme de thérapie ultra avancée. C’est une réponse à la psychanalyse. La psychomagie propose de traiter quelque chose au moyen d’actes qui parlent directement à l’inconscient. J’utilise toute la tradition chamanique des sorciers et des guérisseurs que j’ai connus au Mexique, mais sans superstition. Un acte psychomagique c’est comme donner un coup de pied affectueux au cul de la réalité. Cet élan que tu lui donnes, surprenant, la fait sortir de l’inertie, elle se met alors à danser.

     

    Elle emploie la danse, la poésie, la peinture, la musique, la sculpture, la gastronomie, l’aromathérapie, le Tarot, etc. Je n’ai pas essayé d’appliquer un art thérapeutique mais une thérapie artistique.

     

    Les guérisseurs utilisent ce qui ai appelé « la tricherie sacrée ». Pour qu’on réalise un miracle, il est nécessaire que le consultant croie qu’il peut y avoir des miracles. Comme l’esprit rationnel vit dans un búnker sans foi, le sorcier, par prestidigitation, lui montre un faux miracle. Le consultant s’émerveille et y croit. Alors, on peut ouvrir la porte au monde magique, c’est-à-dire à à ce qui est vrai, à ce qui est vital, où on est ce que l’on est et pas ce que la famille, la société et la culture voudrait qu’on soit.

     

    Un acte psychomagique est une mise en scène symbolique qui contient les clés de la solution du traumatisme à guérir. C’est la seule « langue » que l’on  parle dans le royaume de l’inconscient, là où résident les conflits. Le mot et la raison ont un pouvoir limité, puisqu’ils ne s’accordent pas avec le récepteur de inconscient, dans lequel le vecteur le plus clair et le plus rapide est celui de la métaphore.

     

    Les clés symboliques de l’acte parviennent au psychomagicien après avoir analysé le consultant d’inconscient à inconscient. Il peut écouter son histoire, lui lire le Tarot, monter son arbre généalogique et lui prescrire un acte. Un psychomagicien est un artiste guérisseur qui travaille avec l’intuition, c’est pourquoi il n’y a pas d’« actes type », ni un « super-marché de la psychomagie ». Il est certain que parfois, nous pouvons entendre ou lire des actes qu’ont effectué d’autres personnes et que quelque chose résonne dans notre intérieur, nous décidions de le répéter et finalement atteignons l’objectif attendu. Aussi on peut pratiquer l’autopsychomagie, avec des beaux actes qui nous sont dictés par notre sage intérieur. Nous ne devons pas nous  interdire quelque chose qui nous fait bien. "

      

     

     

     


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