• Regards d'enfants

    Regard d'enfant

     

    Observez les faits avec les yeux d'un petit enfant,
    et soyez prêt à renoncer à toute idée préconçue.


    T.H. Huxley


  • Après un déces

     

     

    Je me promène avec Clémence au parc de la verrerie. Il y a une cabine téléphonique installée pas loin des jeux. Parfois, le mercredi, quand je voyais qu’elle et moi allions rentrer à la maison plus tard que prévu, je t’appelais de cette cabine, je t’expliquais que nous ne serions pas là à l’heure convenue mais que nous rentrerions bien, sains et saufs, barbouillés de rires, qu’il ne fallait pas t’inquiéter.

     Clémence, une semaine après ta mort, me montre cette cabine dans le parc. “Et si on l’appelait”, me dit-elle.

    Je la fais entrer dans la cage de verre, je l’installe sur le rebord métallique qui sert pour les annuaires et je la regarde décrocher l’appareil, appuyer sur toutes les touches du cadran, et, pendant plusieurs minutes, se taire, écouter, n’intervenant que pour dire “oui, oui”.

     A la fin je lui demande : “Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?”

    Elle me répond : “Elle demande si tout va bien et si on est encore tous ensemble. Je lui ai dit que oui et que je continuais à faire des bêtises avec le gros bêta.”

    Puis nous sortons de la cabine et revenons au doux travail de rire et jouer.

     

     Il y a mille façons de parler aux morts. Il fallait la folie d’une petite de quatre ans et demi pour comprendre que nous avions peut-être moins à leur parler qu’à les entendre, et qu’ils n’avaient qu’une seule chose à nous dire : vivez encore, toujours, vivez de plus en plus, surtout ne vous faites pas de mal et ne perdez pas le rire.

     

    Christian Bobin

     

      


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  • C'était une famille dans une situation difficile.

    Ce jour là le père punit sa fillette de 3 ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré. L'argent se faisait rare et il ne put supporter que la fillette utilise le papier pour décorer une boite à cadeau pour occuper le dessous de l'arbre de Noël.


    Le lendemain matin, la petite enfant apporta le cadeau à son père en lui
    disant : "C'est pour toi Papa !"


    Embarrassé, son père regretta sa trop vive réaction. Toutefois, elle se raviva et ne fit qu'empirer quand il découvrir que la boite était vide.


    Il cria alors à sa fille  : "Ne sais-tu pas qu'en offrant un paquet-cadeau, il doit toujours y avoir quelque chose dans la boite ?


    La fillette regarda son père les yeux pleins d'eau et lui dit : "Mais Papa, la boite n'est pas vide, je l'ai remplie de baisers, juste pour toi, Papi !"

    Boite à baisers


    Le père était chaviré. Il enlaça sa fille, la priant de lui pardonner sa réaction.
    Mais peu de temps après, un accident vint faucher la fillette.

    Le père garda longtemps la boite, tout près de son lit. À chaque fois que le découragement l'assaillait, il prenait la boite, en tirait un baiser imaginaire et se rappelait l'amour que l'enfant y avait mis.


     


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    C'est écrit

     

    Une petite fille demande à son arrière-grand-mère :


    - Dis, mamie, quel âge as-tu ?

     

    Et l’aïeule qui se sent vieille, très vieille : 


     - Heu... je suis née en 1920... et nous sommes en 2012, non en 2014, ça fait donc 2014 moins 1920... heu ça fait....

     

     - Mais mamie, interrompt la petite, pourquoi tu te fatigues comme ça, tu n’as qu’à regarder dans ta petite culotte !

     

     - Dans ma petite culotte, comment ça dans ma petite culotte ?

     

     - Ben oui, moi quand je regarde dans ma petite culotte, j’ai une étiquette, c’est marqué "5 ans" !


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  • Dieu

     

    Un petit garçon dessinait avec un soin et une attention inhabituels.

     - Que dessines-tu ? demanda sa mère.

     - Dieu, répondit-il.

     - Tu ne peux pas dessiner Dieu. Personne ne sait à quoi il ressemble.

     - Tout le monde le saura quand j'aurai terminé, dit-il avec assurance.

     


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    Et l'amour ??

      

    Manon 11 ans, a des idées très précises sur l’amour :

     « Y’a rien de plus injuste que l’amour ! Quand on aime, ça c’est sûr on souffre. L’amour c’est jamais au même moment. Je vois bien autour de moi, ma copine Annabelle qui me dit – moi j’aime Christophe, qui lui aime Michèle, et Michèle elle aime Jonathan. Jonathan lui il aime les chevaux… Et je suis pas sûre que les chevaux aiment Jonathan !  Il faudrait qu’un jour quelqu’un mette un peu d’ordre dans l’amour car sinon, on va passer toute sa vie à le chercher ! ».

    Ce qui me paraît une réflexion, pleine de bon sens !

    J’aime la façon dont les enfants peuvent exprimer quelques un des mystères et des contradictions de l’existence. Car je sais que lorsqu’il y a la possibilité de mettre des “mots” et d’être entendu, cela évite souvent de les remplacer par des “maux”.

     

     Jacques Salomé

      


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  • L'homme et le monde

     

    Un petit garçon de 8 ans. Son père, un scientifique, cherche à résoudre les problèmes de l’humanité. Le petit entre, lui tire la manche et lui dit : 

    "Papa, je veux t’aider !"

    Son père le renvoie :

    "Non, mon fils, j’ai beaucoup de travail."

    Mais le petit insiste. Il y a là une revue avec une carte du monde. Alors, le père prend la carte, avec des ciseaux il la découpe en tout petits morceaux, qu’il lui remet avec de la colle :

    "Voilà, essaie de reconstruire le monde." Croyant occuper ainsi son fils pour une dizaine de jours.

    Mais après deux heures, le fils a résolu le problème. 

    "Comment as-tu pu faire cela ?"

    "Eh bien, Papa, j’ai vu que l’autre côté de la carte, il y avait la figure d’un homme. Le monde, je ne le connais pas. mais l’homme, si. Alors, j’ai retourné tous les petits papiers. Et j’ai d’abord reconstruit l’homme. Puis, j’ai retourné le papier, j’avais reconstruit le monde aussi."

     

    Gabriel Garcia Marquez

     

     


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    Le prix d'un miracle

      

    Tess avait huit ans quand elle entendit sa mère et son père parler de son petit frère, Andrew. Tout ce qu'elle savait c'était qu'il était très malade et ils n'avaient plus un sous. Ils déménageraient dans un mois dans un tout petit appartement parce que son père n'avait plus d'argent pour les factures du médecin et de la maison. Seulement une chirurgie très coûteuse pourrait sauver son petit frère maintenant et il n'y avait personne pour leur prêter l'argent.

    Elle entendit son père chuchoter à sa mère qui était en larme et désespérée, "Seulement un miracle peut le sauver maintenant."

     Tess alla dans sa chambre et sortit un pot en verre d'une de ses cachettes.
    Elle renversa tous les sous sur le plancher et les compta soigneusement. À trois reprises. Le total devait être exact. Pas de place pour une erreur. Soigneusement elle replaça les pièces de monnaie dans son pot et ferma le couvercle, elle sortit par la porte arrière et se rendit à la pharmacie.

    Elle attendit patiemment le pharmacien pour avoir toute son attention mais il était trop occupé. Tess croisa ses pieds de façon à faire du bruit. Rien. Elle s'éclaircit la gorge avec le bruit le plus répugnant qu'elle pouvait faire. Pas bon. Enfin elle prit 25 cents de son pot et l'a cogné sur le comptoir de verre. Cela avait marché!

    "Et que veux-tu?" demanda le pharmacien, "je parle à mon frère de Chicago que je n'ai pas vu depuis très longtemps," lui dit-il sans attendre une réponse à sa question.

    "Bien, je veux vous parler au sujet de mon frère.Il est vraiment, vraiment malade... et je veux acheter un miracle."

    "Je te demande pardon?" dit le pharmacien.

     
    "Son nom est Andrew et il a quelque chose de mauvais qui grossit à l'intérieur de sa tête et mon papa dit que seulement un miracle peut le sauver maintenant, alors combien coûte un miracle?"

    "Nous ne vendons pas de miracle ici petite fille. 'Je suis désolé mais je ne peux pas t'aider " dit le pharmacien plus doucement.

    "Écoutez, j'ai l'argent pour payer. Si ce n'est pas assez, je trouverai le reste, dites-moi juste combien il coûte."

    Le frère du pharmacien était un homme grand et bien habillé. Il se pencha vers la petite fille et lui demanda :

    "De quel genre de miracle ton frère a t-il besoin ?"

    "Je ne sais pas, je sais juste qu'il est vraiment malade et maman dit qu'il a besoin d'une opération. Mais mon papa ne peut pas payer, alors je veux utiliser mon argent ".

    "Combien tu as ?" demanda l'homme de Chicago,

    "un dollar et onze cents," répondit Tess tout bas, "et c'est tout l'argent que j'ai, mais je peux en obtenir encore plus s'il le faut."

    "Bien, quelle coïncidence," a sourit l'homme. "Un dollar et onze cents, le prix exact d'un miracle pour les petits frères."


    Il prit l'argent dans une main et avec l'autre main il saisit sa mitaine et dit :

     "Emmène-moi où tu demeure. Je veux voir ton frère et rencontrer tes parents. Voyons si j'ai le genre de miracle dont tu as besoin."

    Cet homme bien habillé était le DR Carlton Armstrong, un chirurgien, se spécialisant dans la neuro-chirurgie.

     
    L'opération a été faite sans coûter un sous et rapidement Andrew était de retour à la maison et se portait bien. Ses parents parlaient de la série d'événements qui les avaient menés au bout de ce chemin :

     "Cette chirurgie, chuchota sa mère, fût un vrai miracle, je me demande combien il aurait coûté ?"

    Tess a sourit. Elle savait exactement combien le miracle avait coûté... un dollar et onze cents... plus la foi d'un enfant. Car les miracles ne se produisent que pour ceux qui y croient…

      


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    Morale !!

     

      Mamie fait la morale à sa petite fille :


    - Tu dois bien faire attention à ce que tu fais Sidonie, parce que si tu es gentille tu iras au paradis, mais si tu es méchante, tu iras en enfer.

      

     - Et pour aller au cirque, qu'est ce que je dois faire ? 

     


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    Oscar et la Dame rose est un roman d’Éric-Emmanuel Schmitt, paru en 2002.


    Un jeune garçon nommé Oscar vit à l’hôpital, car il souffre d'une leucémie. Il a dix ans, mais il pense qu’il a l’air d’en avoir sept et que sa tête ressemble à un crâne d’œuf à cause de son cancer. Il fait la connaissance de Mamie Rose, la « dame rose », qui travaille là pour divertir les enfants malades.

    Elle encourage Oscar à écrire des lettres à Dieu. Bien qu’il ne croie pas vraiment que Dieu existe, il le fait et lui demande un vœu par jour. Pour aider Oscar à prendre plaisir au reste de sa vie, Mamie Rose lui propose de faire la connaissance de chaque étape de la vie en inventant un jeu dans lequel un jour compte pour 10 ans. Et de fait, elle améliore le reste de sa vie. Dans le reste du roman, on parlera de son « âge », 10 ans de plus à chaque lettre.

    Oscar et la dame en rose


    Extrait :

      

    Si tu écrivais à Dieu, Oscar ?


    - Ah non, pas vous, mamie-Rose !


    - Quoi, pas moi ?


    - Pas vous ! Je croyais que vous n’étiez pas menteuse.


    - Mais je ne te mens pas.


    - Alors pourquoi vous me parlez de Dieu ? On m’a déjà fait le coup du Père Noël. Une fois suffit !


    - Oscar, il n’y aucun rapport entre Dieu et le Père Noël.


    - Si. Pareil. Bourrage de crâne et compagnie !


    - Est-ce que tu imagines que moi, une ancienne catcheuse, cent soixante tournois gagné sur cent soixante-cinq, dont quarante-trois par KO, L’Etrangleuse du Languedoc, je puisse croire une seconde au Père Noël ?


    - Non.


    - Eh bien je ne crois pas au Père Noël mais je crois en Dieu. Voilà.
    Évidemment, dit comme ça, ça changeait tout.


    - Et pourquoi est-ce que j’écrirais à Dieu ?


    - Tu te sentirais moins seul.


    - Moins seul avec quelqu’un qui n’existe pas ?


    - Fais-le exister.
     Chaque fois que tu croiras en lui, il existera un peu plus. Si tu persistes, il existera complètement. Alors, il te fera du bien

    -Qu’est-ce que je peux lui écrire ?


    - Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s’incrustent, qui t’alourdissent, qui t’immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu parles pas.


    -OK


    Et puis, à Dieu, tu peux lui demander une chose par jour. Attention ! Une seule.


    - Il est nul, votre Dieu, Mamie-Rose. Aladin, il avait droit à trois vœux avec le génie de la lampe.


    - Un vœu par jour, c’est mieux que trois dans une vie, non ?


    - OK. Alors je peux tour lui demander ? Des jouets, des bonbons, une voitures…


    - Non, Oscar. Dieu n’est pas le Père Noël. Tu ne peux demander que des choses de l’esprit.


    - Exemple ?


    - Exemple : du courage, de la patience, des éclaircissements.


    - OK. Je vois.


    Et tu peux aussi, Oscar, lui suggérer des faveurs pour les autres.


    - Un vœu par jour, Mamie-Rose, faut pas déconner, je vais d’abord le garder pour moi !

      

     

    Lettre d'Oscar à Dieu :

     

      Voilà. Alors Dieu, à l’occasion de cette première lettre, je t’ai montré

    un peu le genre de vie que j’avais ici, où on me regarde maintenant

    comme un obstacle à la médecine, et j’aimerais te demander un

    éclaircissement : est-ce que je vais guérir ? Tu réponds oui ou non.

    C’est pas bien compliqué. Oui ou non. Tu barres la mention inutile.


     A demain, bisous,


     Oscar.
     
    Ps : Je n’ai pas ton adresse : Comment je fais ?

      


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    Depuis quelques jours Marc, appelle son papa par son prénom, ce qui ne semble pas convenir à son père.


    Un matin Marc, sur le chemin de l’école, prend la main de son père et lui dit :


    - Je vois bien que tu n’aimes pas quand je t’appelle par ton prénom !


    - C’est vrai, tu vois, pour l’instant il n’y a qu’une seule personne au monde qui m’appelle Papa, tu te rends compte et cette personne c’est toi !


    - Wouah, alors je suis le seul au monde à t’appeler Papa, il n’y a personne d’autres ?


    - Personne d’autres, aucun autre humain que toi !


    - PAPA, alors ça c’est un nom vraiment formidable !

     


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     Perception

     

    Une petite fille se rendait à l'école à pied tous les jours.

    Ce matin là, le temps semblait incertain et, au cours de la journée, les nuages s'amoncelèrent, le vent se leva bientôt suivi par les éclairs et le tonnerre.

    La maman de la petite fille s'inquiéta et craignit que son enfant n'ait peur lors du trajet de retour.Elle décida d'aller la chercher, sous les craquements  du tonnerre. Très soucieuse, elle suivit le parcours que prenait celle-ci pour rentrer de l'école.

    Elle la croisa rapidement et fut surprise de son attitude. A chaque éclair, la fillette levait un visage souriant vers le ciel.

    La mère l'appela et lui demanda ce qu'elle faisait . La petite sourit en répondant :                                                    .

    "-Le Bon Dieu n'arrête pas de me prendre en photo."

     


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  • Il était une fois un petit garçon qui voulait rencontrer Dieu.


    Comme il savait que ce serait un long voyage pour se rendre à Sa Maison, il remplit sa valise de bonbons et de six bouteilles de limonade et se mit en route.


    Trois pâtés de maisons plus loin, il vit une vieille dame. Assise dans le parc, elle fixait quelques pigeons.

     

    Rencontre

     

    Le garçon s’assis près d’elle et ouvrit sa valise. Il s’apprêtait à prendre une limonade et remarqua l’air affamé de la vieille dame. Il lui offrit donc un bonbon. Elle accepta avec reconnaissance et lui sourit. Son sourire était si joli que le garçon voulut le voir encore. Il lui offrit donc une limonade. Elle lui sourit de nouveau. Le garçon était ravi !


    Ils restèrent ainsi tout l’après-midi à manger et à sourire, sans dire un mot.
    Lorsque le soir tomba, le garçon se rendit compte qu’il était très fatigué et se leva pour partir.


    Cependant, au bout de quelques pas à peine, il se retourna, courut vers la vieille dame et la serra dans ses bras. Elle lui fit alors son plus beau sourire.

    Peu de temps après, lorsque le garçon franchit la porte de sa maison, son regard joyeux étonna sa mère. Elle lui demanda :


    « Qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureux ? »,


    il répondit : « J’ai déjeuné avec Dieu » et il ajouta « Tu sais, elle a le plus merveilleux des sourires ! »

      

    Entre temps, la vieille dame, rayonnante de joie elle aussi, retourna chez elle. Frappé de l’expression paisible qu’elle arborait, son fils lui demanda :


    « Mère, qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureuse ? »,elle répondit :


    « Au parc, j’ai mangé des bonbons avec Dieu. » et elle ajouta « Tu sais, il est beaucoup plus jeune que je ne le croyais. »

      

      


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