• Anthony de Mello

     

    Anthony de Mello

     

     

     

    Disparu prématurément en 1987, à l'âge de 55 ans, Anthony De Mello est désormais considéré comme un des grands maîtres spirituels de notre temps.

    Ses oeuvres, publiées en plusieurs langues, connaissent un succès grandissant à travers le monde.

     Esprit profondément original. Il réussit, comme peu d'autres ont su le faire, une admirable synthèse entre les traditions orientales et la spiritualité de tradition chrétienne. 

      

      

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    Achat

    Une femme se voyait en rêve parmi les plus fabuleux magasins de la ville. Toute surprise, elle découvrit Dieu lui-même derrière le comptoir le mieux fourni.


    - Que vendez-vous donc ? lui demanda-t-elle.


    - Tout ce que ton cœur désire, lui répondit Dieu


    Emerveillée, la femme se décida à requérir les plus précieux joyaux qu'un être humain peut se prendre à souhaiter :


    - Je veux acheter la paix du cœur, l'amour, le bonheur, la sagesse et l’impunité contre toute crainte et toute angoisse.


    Puis, en se reprenant elle ajouta :


    - Pas pour moi seulement, mais pour tous les hommes.


    Dieu sourit alors et lui dit :


    - Je crois que tu te trompes, mon amie, nous ne vendons pas les fruits, mais seulement les semences.


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  • Connaissance

     

    Les disciples sont plongés dans une discussion portant sur un dicton de Lao Tseu :

    "Ceux qui savent ne disent pas. Ceux qui disent ne savent pas."

    Lorsque le Maître fait son apparition, ses disciples lui demandent le sens de ces paroles.

     Le Maître leur répond :

    "Lesquels d'entre vous connait le parfum de la rose ?" Tous le connaissent.

     Il leur dit :

    "Décrivez-le."

    Les disciples restent muets.

      

      


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    Au siècle dernier, un touriste américain rendit visite au célèbre rabbin Hofetz Chaim.


    Il s'étonna de voir que le rabbin n'avait pour tout logement qu'une simple pièce remplie de livres et pour seul mobilier une table et un banc.

      

    - Où sont vos meubles ? demanda le touriste.


    - Où sont les vôtres ? rétorqua Hofetz.

     

    - Les miens ? Mais je ne suis qu'un visiteur ici, je ne fais que passer, dit l'Américain.


    - Moi aussi, répliqua le rabbin.

     


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    Injures

      

    Deux pensionnaires d'une institution pour sourds-muets étaient en train de se quereller.

    Lorsqu'un dirigeant se présenta pour mettre fin au litige, il trouva l'un des deux hommes debout, le dos tourné à l'autre et mort de rire.

     «  Qu'est-ce qu'il y a de drôle? Pourquoi ton compagnon te regarde-t-il avec cet air fâché? » demanda par des signes le dirigeant.  

     « Parce que, répliqua le muet également par des signes,  il veut m'injurier, mais je refuse de le regarder! »

     

      


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    La lanterne de l'aveugle

      

    Dans les temps anciens, c'était une coutume générale, au Japon, d'utiliser des lanternes de papier. Le papier protégeait la chandelle allumée et était retenu au moyen de bâtons de bambou.

    Un aveugle vint rendre visite à un ami et, comme il était tard, on lui offrit une lanterne pour retourner chez lui. 

       Il rit bien de l'offre :

    «  Pourquoi moi, dit-il, le jour et la nuit, c'est tout un. Qu'est-ce que je ferais d'une lanterne ? »  

       Son ami lui dit : 

    « tu n'en as pas besoin pour retrouver ton chemin, c'est sûr. Mais ça pourrait servir à éviter que quelqu'un se bute contre toi dans la noirceur. »     

     Donc, l'aveugle se mit en route avec la lanterne. Très peu de temps après, quelqu'un cogna violemment contre lui et lui fit perdre l'équilibre.  

     «  Hé! Espèce de distrait! Cria l'aveugle. Vous n'avez pas vu ma lanterne ? 

      "  Mais l'ami, votre lanterne est éteinte. »

     

    On progresse plus sûrement dans ses propres ténèbres que dans la lumière d'autrui.

      

      


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    Le chemin de la vérité

     

    A un visiteur qui lui demande s'il peut devenir son disciple, le maître répond : 
     
    - Tu peux vivre avec moi, mais à une condition : tu ne deviendras pas mon disciple. 
     
    - Dans ce cas, qui vais-je suivre? 
      
    - Le jour ou tu suivras quelqu'un, tu cesseras de suivre la vérité. 

     


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  • Puissance des mots

     


    Un gourou essayait un jour d'expliquer à une foule assemblée que les êtres humains réagissent aux mots, se nourrissent de mots plutôt que de la réalité.


    Un des assistants se leva et protesta en ces termes :


    « Je ne crois pas que les mots aient autant d'effet sur les êtres humains. »


    Alors le gourou lui dit :

    « Assieds-toi, espèce de salaud ».


    Livide de rage, l'homme répliqua :

    « Tu te prétends avoir atteint l'illumination, tu te dis gourou, tu te dis maître... et moi je pense que tu devrais avoir honte ».


    « Pardonne-moi, je me suis laissé emporter, dit le gourou. Je te demande pardon, c'était un écart, je suis désolé ».


    L'homme finit par se calmer.


    Alors le gourou lui dit :

    "Tu as vu, cela n'a pris que trois mots pour faire naître en toi une tempête, et cela n'a pris que quelques mots pour la calmer".


    Les mots, les mots, les mots ! Comme ils nous emprisonnent lorsqu'ils ne sont pas utilisés adéquatement!


     


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    Richesse intérieure

      

     Un moine bourlingueur trouva au cours d'un voyage une pierre précieuse et la garda dans sa besace.
      
    Un jour, il rencontra un voyageur qui, la voyant lorsqu'il ouvrit son sac pour partager ses provisions, la lui demanda.
     
     Le moine la lui donna sans hésiter.
     
     Le voyageur le remercia et s'en alla heureux de ce cadeau inattendu qui suffirait à lui donner richesse et sécurité jusqu'à la fin de ses jours.
     
     Cependant, quelques jours plus tard, il se mit à la recherche du moine mendiant, le retrouva et lui restitua le bijou en le suppliant :
     

     « Maintenant je t'en prie, donne moi quelque chose de plus précieux que ce bijou. S'il te plaît, donne-moi ce qui t'a permis de me le donner ».

     


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    Ruse

     

      

    Le calife de Bagdad, nommé Al-Mamun, possédait un magnifique cheval arabe.

    Un membre d'une tribu nommé Omah était désireux d'acheter ce cheval ; il offrit plusieurs chameaux en échange, mais Al-Mamun ne voulait pas se départir de son cheval.

    Cela rendit Omah tellement furieux qu'il décida d'acquérir le cheval par la ruse.

    Informé qu'Al-Mamun devait passer à cheval sur une certaine route, il se coucha le long de celle-ci, déguisé en mendiant très malade. Or Al-Mamun était un homme au cœur tendre. À la vue du mendiant, il fut pris de pitié, descendit de cheval et offrit à l'homme de l'emmener. Il le souleva doucement, le plaça sur son cheval, avec l'intention de monter avec lui.

    Mais, dès qu'il fut en selle, le faux mendiant partit au galop tandis qu'Al-Mamun courait après lui et lui criait d'arrêter. Quand il fut à une distance suffisante de son poursuivant, le voleur s'arrêta et regarda en arrière.


     - Tu m'as dérobé mon cheval, cria Al-Mamun, j'ai une faveur à te demander.


     - Laquelle ? cria l'autre.


     - Que tu ne dises à personne comment tu as acquis ce cheval.


     - Et pourquoi ?


     - Parce qu'un jour, quelqu'un de réellement malade peut être couché le long de la route et, si ton stratagème est connu, les gens passeront près de lui sans lui porter secours.

     


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